JUSTE AVANT LA PLUIE

Publié le par Katia Bernhard-ridoin

JUSTE AVANT LA PLUIE

Premiers jours de départ de la maison avant le lever du soleil, les jours raccourcissent à vue d'oeil, tout change.

Dès les premiers pas, la sensation de la pluie sans les gouttes , comme si l'on venait juste de l'éteindre.

Aux chocs secs des bogues de marrons chutant sur le trottoir, des feuilles mortes fripées, sèches et colorées, attendant de s'envoler à nouveau, en arabesques .

Au chant si doux des dernières sautes de vent avant les premières rafales, répond le timbre des gouttes encore légères, petites cymbales avant le tambour de la première pluie battante...

Ce n'est pas cette fois une bruine, ou une averse d'été courte, violente, juste bonne à secouer la poussière de la route, mais la première averse d'automne.

J'aimerais tant revoir cet été que je n'ai pas vu passer, ramener les fruits sur les arbres, et les lys que j'ai croisé sans presque y penser, et les boutons charnus des roses ...

mais dans les buissons luisent les baies rouges et orangées de l'automne, sur les peupliers déjà s'étirent de longues lignes de feuilles jaunes et blanches, comme des guirlandes, qui jour après jour, dans les feuillages, tracent le temps qui passe...

Le ciel est plein d'oiseaux qui repartent vers les pays chauds. Ceux qui restent sont-ils les fidèles, les habitués, les résignés ? Le merle qui me répondait cet été depuis le feuillage dense et touffu du tilleul, continuera-t-il à chanter ?

Le vent se lève et d'un coup, le bruit de la pluie semble remplir le jardin.

L'automne chante sa chanson de chutes , de fruits et de feuilles, sur un fond de vent dans les arbres, passant par les trous du feuillage, et qui n'en finit plus de siffler .

Haïku

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