L'étranger, qui ne fait que passer, pense...
L'étranger, qui ne fait que passer, pense secrètement que les ESPADRILLES, c'est l'horreur, il n'y a pas plus inconfortable et mal pratique.
Les « ESPADRILLES », pour l’étranger de passage qui ne maîtrise pas le dialecte local, ce sont ces galettes plates et inconfortables, aux semelles en rugueux cordage tressé (rien de tel pour emprisonner quelques kilos de sable au moindre pas sur une plage), sur lequel est cousue une sorte de poche en tissu tout aussi râpeux, généralement à rayures, façon nappe basque ou toile de parasol. On est supposé, après force tortillements des orteils (car les choses s’aplatissent très vite et mettent un point d’honneur à ne pas se laisser envahir), y glisser laborieusement un pied, puis deux, pour mieux arpenter les longues plages de l’Atlantique et les ruelles pavées et traîtresses des petites villes . Précisons que pour ce qui est des malheureux condamnés à ne se baigner qu'en Méditerranée, les pauvres, il y a les tongs, d'un mauvais goût déplorable. Et bien sûr, à la grande surprise de l'étranger qui, décidément, a tout à apprendre de vous, vous avez un mal fou à les quitter lorsque vous réintégrez votre logis et votre vie quotidienne, chaussures à lacets, factures, responsabilités et patron inclus. Ça, c'est de la passion!