Si c'était une peinture ... Ce qui est intéressant, ce sont les questions auxquelles on ne peut pas répondre.

Publié le par Katia Bernhard-ridoin


Par exemple : Pourquoi tu peins ?
Elle : Tu veux que je réponde ?
Lui : Si tu veux ! Si tu n’as pas envie, tu ne dis rien.
Il y a aussi : Si tu n’avais pas fait de la peinture, qu’est-ce que tu aurais fait dans la vie ?
Elle : De l’horticulture !
Lui : Des fleurs ?
Elle : Des fleurs !
Lui : C’est intéressant ! Est-ce que tu penses qu’un jour tu prendras les fleurs comme sujet ?
Elle : Ça m’est déjà arrivé, mais je m’en fous un peu du sujet.
Lui : Justement, comme ça tu n’aurais plus besoin d’en chercher. Comment veux-tu arriver à convaincre que tu n’as pas choisi ce que tu -montres, que ton sujet est sans importance ? Et puis, ne pas vouloir choisir le sujet, n’est-ce pas en espérer un qui plaise à tout le monde ou plutôt qui ne déplaise à personne ?
Elle : Chez les Hollandais, Vermeer par exemple, dans le tableau il y a une espèce de vide. Il ne se passe rien. Il y a une personne très banale dans une pièce et puis… rien.
Lui : Toute la difficulté, c’est que tout ce « rien » soit ressenti par celui qui regarde. Qu’attend celui qui regarde ? Rarement rien.
Rien à faire
Conversation avec une amie
YVES FRAVEGA

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Si c'était une peinture ... Ce qui est intéressant, ce sont les questions auxquelles on ne peut pas répondre.
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